Actualités

20
Avr

« L’objectif est plus qu’atteint »

PLANÈTE APPRO / Une semaine après la clôture de Planète appro (retrouvez la vidéo sur Facebook), Gérard Bazin dresse le bilan du premier Salon des circuits alimentaires de proximité. Avec 2500 visiteurs, le président de la chambre d’agriculture, se dit très satisfait.

« L’objectif est plus qu’atteint »

Quel bilan faites-vous à l’issue du Salon Planète appro qui s’est déroulé les 2 et 3 avril ? A-t-il rempli ses objectifs de constituer un carrefour pour les acteurs des circuits de proximité ? Quels sont les principaux enseignements à en tirer ?
On ne peut qu’être satisfait à l’issue de ce Salon. Planète appro, Salon des professionnels des circuits alimentaires de proximité, constituait une première en la matière. Son objectif initial, lorsque nous avons entamé l’étude du projet, visait à se faire rencontrer l’offre et la demande dans ce secteur d’activité, agriculteurs, acheteurs et fournisseurs. Cet objectif a été plus qu’atteint, au regard des retours très positifs que nous avons d’ores et déjà recueillis, qu’ils émanent des exposants ou des producteurs. Nous sommes donc globalement rassurés sur l’intérêt d’un tel Salon pour tous les participants qu’il a pu réunir. Ceci était loin d’être acquis lorsque nous avons construit le projet Planète appro. Notre modèle n’était pas alors complètement connu. Nous avons conduit une enquête par questionnaire pour mesurer la qualité du Salon et la satisfaction des participants, exposants, producteurs et visiteurs. Le dépouillement devrait nous révéler plus exactement en quoi le Salon a pu répondre aux attentes des acteurs présents. J’espère que les résultats que nous obtiendrons conforteront nos premières et bonnes impressions. Ils seront utiles pour nous améliorer si cet événement devait être reconduit.

Le succès est-il notamment dû à la richesse du programme de conférences et de rencontres, par exemple les rendez Pro appro, et à la diversité des exposants ?
Nous avons beaucoup fait évoluer le Salon au fur et à mesure de la construction du projet. Nous souhaitions réserver une place toute légitime au business, sans occulter néanmoins d’autres aspects tout aussi importants et dignes d’intérêt, tels que les conférences et rencontres. Il était essentiel à nos yeux que chaque participant, visiteur ou exposant, puisse également s’enrichir des enseignements de chaque conférence programmée, notamment relatifs à l’existence d’opportunités réelles ou non dans les circuits de proximité. Ces rencontres et échanges visait également à mesurer le potentiel et les conditions d’accompagnement des différents types de projets qui ont été présentés. Nous avons été agréablement surpris de constater l’intérêt du public, nombreux et attentif, porté au programme de conférences, qu’elles fussent techniques ou plus  prospectives.
C’est là encore une source de satisfaction, puisque programmer ce type de conférences à l’occasion d’un Salon n’était pas forcément un pari évident.
Il n’était pas acquis que les visiteurs consacrent une partie de leur temps sur le Salon à assister aux débats qui ont ponctué les deux journées. Chaque miniconférence a attiré en moyenne une trentaine de participants et deux plénières sur l’évolution des modes de consommation et les différents scénarios d’organisation en restauration collective se sont révélées d’un très bon niveau, en termes d’échanges et de débats. Le lancement de la marque « La cerise de Bessenay » a également constitué un temps fort, marquant l’aboutissement de deux années de travail, avec l’intervention très apprécié de Régis Marcon, parrain de la marque.

2500 visiteurs, dont de nombreux professionnels et acteurs des circuits de proximité. Êtes-vous satisfait ? Est-ce une surprise ?
Nous nous étions fixé, pour objectif de fréquentation, de pouvoir attirer environ 2000 personnes. Au regard des inscriptions que nous avons enregistrées dans les semaines précédant l’événement, nous avons craint de ne pouvoir l’atteindre.
Mais les derniers jours d’inscription ont prouvé l’intérêt et l’engouement du public. On ne peut, aujourd’hui, qu’être satisfait de la fréquentation sur deux jours, d’autant plus que Planète appro se voulait un salon professionnel.
Nous n’avons pas cherché à séduire curieux et touristes, mais à drainer un public très ciblé, et par définition, beaucoup moins large qu’un Salon traditionnel ouvert à tous. De plus, et c’est un autre motif de satisfaction, l’aura de ce Salon a dépassé les frontières du seul département du Rhône, attirant un public des départements limitrophes, qui constituait également une cible et qui a répondu présent pour nouer des contacts à l’occasion de cet événement.

Y a-t-il néanmoins des points noirs et/ou des éléments qui suscitent la déception ?
Évidemment, dans cette aventure, tout n’a pas été parfait. Certains participants pourraient, peut-être, nous reprocher notre approche, ressentant une trop grande valorisation des circuits courts et de l’agriculture biologique. Certes, celle-ci constitue aujourd’hui un facteur important quand on étudie avec attention les profils des installations et des porteurs de projet. Mais je le rappelle ici : ce Salon avait pour vocation de toucher l’ensemble des productions et des systèmes de valorisation, notamment à travers le village des initiatives territoriales qui englobait également les filières longues. En outre, nous aurions souhaité sensibiliser davantage le collège des opérateurs, en particulier ceux qui alimentent la restauration collective. Certains d’entre eux ont heureusement répondu présent, mais le potentiel me semble beaucoup plus important. Cette cible mérite toute notre attention si toutefois le Salon Planète appro devait être reconduit.

À ce sujet, une deuxième édition du Salon Planète appro est-elle déjà sur les rails ?
La question, légitimement, se pose au regard du bilan de la première édition. Néanmoins, la décision ne sera prise qu’après avoir dressé un bilan exhaustif et précis de l’intérêt des uns et des autres, clients, fournisseurs, producteurs, mais aussi des élus des territoires, acteurs majeurs de la réussite de cette première édition. L’alternance avec le Salon international de la restauration, de l’hôtellerie et de l’alimentation (Sirha) nous semble constituer un élément essentiel dans la décision relative à la reconduite de Planète appro. D’autre part, nous avons bénéficié d’un cadre particulièrement emblématique, le Carreau des producteurs. J’en profite pour remercier Christine Delaigue, sa présidente, ainsi que Christian Berthe, président du Marché de gros de Lyon-Corbas, pour leur très grande implication dans ce projet. Leur avis, d’ailleurs, nous intéresse.

Nicolas Rousseau
©IAR